Vendredi 12 juin 2009

"Petite extrait :

Il faisait chaud. C’était l’été de la canicule, l’été 2003. Je ressentais la chaleur, le même air étouffant de l’été 1976. Le ciel avait voulu assécher la terre pour mon retour aux racines. Tout était identique, la pluie qui nous boudait, le sol qui se craquelait sous nos pieds comme le visage d’une vieille femme, les incendies de forêts faisaient rage. Comme mes souvenirs pouvaient être vifs mais sélectifs ! L’air conditionné ne suffisait pas à rafraîchir nos chairs accumulées dans ces wagons, nos corps moites collaient aux sièges de cuir. Ma robe en fibre synthétique devenait inconfortable, le tissu humide collait chaque centimètre de ma peau comme un amant jaloux. Le soleil souriait si fort à travers la vitre que ma joue droite en était rougie et brûlante. Pourtant, je ne tirais pas le rideau pour le bouder, je recevais ses sourires avec bienveillance. Il m’avait manqué. Je voulais tout voir de ce chemin qui me menait jusqu’à ma terre fétiche, ma terre fertile, la terre natale de mon père : le Portugal. Je voulais que mon enfance me saute au visage comme un éclat de rire et que mon arbre replante ses racines dans le sol pour faire remonter la sève jusqu’à mon inconscient. Je me sentais trop sèche comme cette terre aride. Je souhaitais que mon pays d’adoption me reconnaisse.

Le train venait de s’échapper de la France. Nous avions quitté les Pyrénées et le pays basque que je chérissais tant avec ses sommets enneigés même en été me protégeait. L’Espagne avec ses paysages verdoyants, ses femmes aux jupons volants me souriaient. Bientôt le Portugal m’ouvrirait les bras m’accueillant comme l’une de ses enfants.

Un cri aigu me tira de mon isolement et je bondis sur mon siège. Tombée à genoux dans l’allée, une petite fille pleurait à un bras de distance de moi. Le nœud rose qui maintenait ses cheveux glissa le long de son dos et sa natte se défit à l’extrémité. Immobile, les mains plaquées au sol, ses larmes s’écrasaient sur le revêtement de caoutchouc. J’aurais pu tendre la main pour l’aider mais au lieu de cela, je la regardais hébétée, attendant que sa mère vienne la consoler, que quelqu’un s’occupe d’elle et qu’elle arrête de pleurer ! Je l’observais toujours et moi aussi, j’avais envie de pleurer. Ma mère tourbillonnait devant moi, chantant et dansant sous mes yeux sans me voir, petit diablotin, fourche à la main mais auréole de pacotille posée sur les cheveux. Tout n’était que souvenir, qu’un simple morceau de passé et le passé était si loin. Pas si loin en fait …puisqu’il était face à moi et que je le poursuivais. J’étais lâche. Tout ce voyage n’avait qu’un seul but : vivre ce passé et à peine montrait-il le bout de son nez que je fermais les yeux. Au bout de mon chemin, il me fallait revivre, respirer et ressentir comme une petite fille."

Par Jennifer Borrego
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Vendredi 12 juin 2009
Petit extrait :
"

La clé

 

   Enfin ! Je vous apporte la solution miracle !

  

Martha reconnut immédiatement la voix pour avoir passé des heures, des journées et des nuits entières à discuter avec cette femme. Confiante, naïve peut-être, elle lui avait tout confié de ses malheurs, de ses rêves. Elle pouvait se targuer de connaître leur vie sur le bout des doigts. Elles avaient ri et pleuré ensemble. Chacune de leurs rencontres avait été secrètes. Parce que les Hommes n’étaient pas prêts à entendre et pas prêts à changer. Parce que les idées d’Elisabeta étaient perçues comme un danger public. Frôler cet interdit, braver les autorités les grisait. L’adrénaline montait à chaque pas qu’ils faisaient. Ils étaient des précurseurs, des rebelles. Ils en perdaient parfois leur objectifs tant leur désir de révolution les tenait au ventre.

   Vous m’avez comprise ?

  

   Vous vous souvenez de moi, tout de même ? Elisabeta !

Elle se souvenait effectivement de cette jeune femme combative, attentive qui dégageait un tel charisme pour son si jeune âge. Toutes deux avaient la vingtaine florissante. Toutes deux étaient fraîches. Toutes deux aspiraient à la maternité, chacune à sa façon.

Elisabeta levait le poing vers le ciel et soulevait des montagnes dont Martha osait à peine s’approcher. Elle frappait haut et fort sans porter le moindre masque, fière de ses projets, forte de ce visage innocent qu’elle arborait. Ses idées dérangeaient, mais on ne la prenait pas trop au sérieux. Que pouvait bien faire une jeune fille face au pouvoir écrasant ?

Martha se permettait de rêver ouvertement à ses côtés.

   Oui, je me souviens de vous.

Elles auraient pu être sœurs, à défaut les meilleures amies du monde.

   Je m’attendais à plus d’enthousiasme.

   Vous n’ignorez pas que vingt longues années se sont écoulées.

   … Je comprends votre colère, mais il a fallu se dresser contre tant d’obstacles…

   Non, vous ne comprenez pas ce que nous avons vécu, Horace et moi. Vous ne savez pas quel vide raisonne dans mon ventre, quelle douleur me déchire le cœur dès que je croise une autre femme avec un landau.

   Mais, j’ai du…

   Vous avez abandonné, Elisabeta.

Elle fut piquée au vif. Et si elle raccrochait dans l’instant… Après tout, il y avait encore deux autres couples postulants qui seraient certainement ravis de sa proposition. Pourquoi s’acharnait-elle à vouloir les satisfaire plus que les autres ? Parce qu’ils s’étaient montrés plus motivés, plus convaincants, plus attachants. Ils étaient les plus jeunes, surtout.

   J’ai enfin une adoption possible..."

Par Jennifer Borrego
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Vendredi 12 juin 2009

C'est presque devenu une habitude !

La bibliothèque de Vitry le François m'a agréablement accueilli dans ses locaux pour partager un moment avec des amateurs de lecture.

Au programme, le numéro 3 !!! Mais cette fois-ci, pas de grandes pages. Non, des petites paragraphes par-ci, par-là !!! Et du suspens ... Eh oui, les lectrices (majoritaires) sont reparties avec l'eau à la bouche.
Alors à une prochaine fois ...

Par Jennifer Borrego
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Samedi 15 mars 2008
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J'y étais !!!
Difficile d'y croire face à tant d'auteurs réputés. Quelle expérience incroyable ! Et des rencontres avec de nouveaux auteurs ! Car, oui, désormais, tout le monde prend la plume : nous avons donc tous à partager et à apprendre des autres.
Revenons à cette journée ! Je me trouvais au milieu de cet immense  Hall 1 (il abrite tout de même le salon de l'agriculture : étrange de passer des animaux aux mots !!!) sur un stand constitué de poutres en bois, cachée derrière mon roman "Terra Inferna" à brandir haut et fort l'étendard de mes mots. Oui, j'aime mon roman et je crois en lui (normal, non ?! Si je vous écrivais le contraire, vous vous interrogeriez ...). Mais le temps de la dédicace était trop court ! J'aurais voulu l'exploiter davantage. 
Qu'à celà ne tienne, je continue ma promotion dans ma ville, vous me verrez bientôt par-ci par-là avec mon livre sous le bras.
Alors, à un prochain rendez-vous.
Par Jennifer Borrego
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Samedi 8 mars 2008
Retrouvez-moi samedi 8 et dimanche 9 à l'espace Paul Bert de Vitry le François. Je dédicace mes deux derniers romans à l'occasion  de "Talent de femmes".
Ce sera le moment pour moi de recueillir vos impressions si vous êtes déjà lecteur ... Et de partager ma passion si vous ne m'avez pas encore découverts ...

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Par Jennifer Borrego
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